Sociologue française basée au Japon depuis plus de 30 ans, chercheure-enseignante à l'université de Sophia (Tokyo), Muriel Jolivet a fait l'honneur aux étudiants d'Eurasiam de venir leur parler le mois dernier de ses thèmes de prédilection, à savoir: les rapports hommes-femmes, les jeunes, la mode et la "plasticité du corps féminin".
Auteure de nombreux ouvrages sur la société japonaise, dont "Japon, un pays en mal d'enfants" (éditions La découverte, 1992) et "Homo Japonicus" (éditions Philippe Picquier, 2002), Muriel Jolivet a présenté aux étudiants le dernier essai dont tout le monde parle au Japon: "Karyû shakai" ("Une société à la mobilité descendante"), best-seller écrit par Atsushi Miura, chercheur et essayiste, spécialiste de la société de consommation.
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Mangas, japanimation, J-Pop, sushis: longtemps réservée à un petit groupe d'initiés, la culture populaire de masse japonaise fait désormais partie de notre quotidien et constitue une véritable "soft power" (puissance douce) pour le gouvernement nippon, génératrice de revenus colossaux et pierre angulaire d'une stratégie du "contents" basée sur le développement de la propriété intellectuelle et la création de contenu.
Selon un rapport du ministère japonais de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie (Meti), le marché global du contenu 2004, considéré comme une "industrie leader" était estimé à 13.300 mds de yens (96 M euros), dont:
- 567 mds de yens pour EDITION/PRESSE (Papier)
- 473 mds de yens pour IMAGE (DVD,TV)
- 107 mds de yens pour JEUX VIDEO
Le Meti ambitionne d'atteindre 17.000 mds yens en 2010, grâce notamment au développement du broadband, du cinéma digital et des TIC.
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Contraction de l'anglais FREELANCE et de l'allemand ARBEITER, le terme Freeter
(フリーター) désigne les jeunes de 15 à 34 ans ayant un travail irrégulier, à temps partiel ou un travail temporaire (intérim).
Apparu dans un magazine publicitaire japonais à la fin des années 80, le terme est devenu très populaire dans les années 90, crise économique et restructurations industrielles oblige. Les freeters ont été officiellement recensés pour la première fois en 2000 par le Ministère du Travail. De 500 000 en 1982, ils étaient 2.130.000 en 2004 (source: White Paper on Labor & employement).
Actuellement, 1 jeune sur 9 est un freeter.
Toutefois si les années 90 ont été les années « Freeters » et du travail à temps partiel des jeunes, les années 2000 sont celles des « NEET », phénomène de société qui fait la Une des médias au Japon depuis 2004.
Qu'est-ce que les NEET ?
Contraction du terme anglais Not in Education, Employment nor Training (NEET), cette expression désigne les jeunes de 15-34 ans, célibataires, qui vivent chez leurs parents, ne
travaillent pas et ne recherchent pas d’emploi (contrairement aux
Freeters).
Ils seraient 847.000 en 2004 et représenteraient 2,5% des 34 Millions de jeunes entre 15 et 34 ans.
Dans son dernier ouvrage intitulé "ニート。フリーターではなく失業者でもない", et paru en 2005, le chercheur Yuji Genda insiste sur le fait que les NEET ne sont ni des freeters, ni des jeunes au chômage mais des "adulescents" déboussolés, en manque de repères, dont le refus ou l'incapacité de travailler sont une forme de rébellion contre une société élitiste et ultra compétitive.
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